L’archange Gabriel
Je jouais de la guitare devant mon miroir dans la chambre de bain avec ma froc de cuir. C’est là que j’ai commencé à suer. Je transpirais en bedaine sous ma froc de cuir. Avant que l’archange Gabriel ne m’apparaisse et ne me montre que j’avais une guitare. C’est extraordinaire, l’archange Gabriel m’est apparu. En tout cas, c’est là que j’ai appris les accords de « En blue jeans et blouson de cuir » d’Adamo. J’avais les bons accords. Paul McCartney est cleptomane. Il vole tout le temps des petites affaires. J’y ai rêvé. Il avait volé mon iPad. Adamo était une autre de mes vedettes. Je suais ça coulait comme de l’eau. Sans oublier le cuir chevelu. Ce n’est pas normal que tu te mettes à suer de la tête. Je ne parle pas du front ou de la face, je parle du cuir chevelu. L’eau me pissait sur la tête sous les cheveux. Ça coulait des journées de temps.
Nous annonçons ta mort seigneur Jésus. Nous proclamons ta résurrection. Nous attendons ta venue dans la gloire. C’est un miracle. À la place d’une vision c’est une apparition. Vous comprenez. Brizilia est apparue dans le chemin. Alors toutes les visions sont des miracles comme si elles avaient eu lieu pour tout le monde, comme Brizilia est apparue dans le chemin, il n’est pas obligé de recommencer à toutes les fois; comme le Seigneur fit des miracles, mais en rapport avec notre époque, la télévision, les images transmises et tout le kit, comme les télécommunications, pour notre édification. Une parole de Dieu est un miracle, surtout si on peut l’adresser à tout le monde. Il est revenu. Le Christ l’avait dit qu’il allait revenir. Je ne savais pas qui c’était, ça m’a pris dix ans avant de me demander si ce ne serait pas l’ange Gabriel. Imagine, il y a quelqu’un dans ta chambre et tu ne sais pas qui c’est, par où il est rentré, les portes était barrées, tu pensais que tu étais tout seul. Personne pour les réveiller le matin. Pis Gervais et Lucie étaient en vie, ils me surveillaient de près, et ça marché pareil. Même les prêtres en ont assez de la croix sur laquelle les moineaux peuvent se poser. Vous êtes sûrs que les moineaux ne se seraient pas posés sur Gabriel, ni sur Brizilia, elle était dehors dans la rue. Ils ont peur de sa face. Personne pour chasser les oiseaux lorsqu’ils vont mourir. Les corneilles vont leur crever les yeux. Ils ont changé de face. On veut d’un Dieu qui fasse des pas. Chaque vision est un pas.
C’était presque totalement fortuit. En effet, on l’entend de nos deux oreilles, et il n’y a plus de radio ni de téléphone, autrement dit, il n’y a plus de haut-parleur dans la maison. J’avais détruit ma petite télé portative. Est-il besoin de le préciser davantage? C’est l’ange du Seigneur qui savait. C’est de même que c’est arrivé. L’ange Gabriel est apparu, quand j’ai déménagé au 211 De la Tourelle, à Québec. Il voulait nous montrer à quoi ressemblait le Christ ressuscité, ses pouvoirs. Ç’aurait pu être Dieu lui-même, mais il a écrit, quand les hommes le requérir… donc c’est le fils unique de Dieu.
J’étais en train de peindre la Vénus de Cyrène. Je faisais de l’art profane. Ils voulaient se faire un Dieu. Ce n’est pas ce que je voulais faire pantoute. J’avais vu Dieu à New York. Ils attendaient de donner un spectacle. Même si tu sautais les chutes du Niagara, ils ne seraient pas encore contents. Avant que je ne cesse de me tenir à l’Acropole parce que Guy Burden avait essayé de m’écraser, donc la dernière fois que j’ai fumé un joint avant que je ne déménage au 211 De la Tourelle en juillet 1988, pendant l’hiver 87/88, alors que je restais encore au 365 sur la 24e rue à Limoilou, un beau soir, alors que l’hôtel était plein à craquer, et que nous étions au plus fort de la soirée, on passe une chanson de Pink Floyd dans le système de son de l’établissement. J’aime Pink Floyd, bien entendu, mais je trouvais cette chanson un peu forcée, trop commerciale, comme on dit. Je ne l’aimais pas. Je venais d’arriver. Il devait être neuf ou dix heures du soir. J’étais assis sur un banc, au bar du petit salon, et il y avait des clients tout autour du bar, et il y avait une fille que je ne connaissais pas assise à ma droite, grande, les cheveux courts, un peu grassette, habillée en bleu marin. Ce qui m’intéressait moi, c’est les termes de la promesse. Eux-autres ce qui les intéresse, c’est les entraves. On l’entend chanter. C’est une apparition, mais on l’entend chanter. Je lui fais la conversation, pour socialiser, et je lui fais une prophétie pendant la chanson « Learning to Fly, » je lui prédis que j’allais faire mieux que ça, pour nous libérer de l’emprise du diable et les amener à la lumière, il n’y a pas juste les malades à soigner, il faut aussi qu’ils sachent comment qu’il fait puisque nous sommes obligés de les écouter sans qu’il ne puisse rien faire, et ça il ne le prend pas. Et je lui mentionne :
- Pink Floyd, c’est vieux ça, je suis capable de faire bien mieux que ça.
Les termes de la promesse. Je sentais que quelque chose allait se passer. Ne se démontant pas, et, sûre d’elle, elle se lève, et se met à crier tout fort pour que tout le monde entende, et elle dit:
- Hey! Tout le monde! Écoutez! J’ai quelque chose d’important à vous dire : (elle criait assez fort pour enterrer la musique, et que tous les clients de l’hôtel entendent, elle voulait attirer l’attention de toute la salle, ce qu’effectivement elle était parvenue à faire). « Il y a quelqu’un ici, lui, à côté de moi, (comme si tout le monde ne me voyait pas), qui dit qu’il peut faire mieux que Pink Floyd ».
J’aurais voulu me cacher en dessour du comptoir.
J’ai attendu qu’elle se taise, puis je lui ai dit, sans m’occuper des yeux de toute la salle qui étaient rivés sur moi (Guy Burden, le grand blond, ainsi que Tom, son fidèle écuyer, étaient là, dans le bar, qui jouaient au billard, et écoutaient la musique eux aussi, dans l’expectative qu’il se passe quelque chose), je lui dis alors, un peu moins sûr de moi, et c’est impossible qu’ils aient changé :
- Même si je ne le fais pas, toi tu me crois. Je te prédis que je peux faire mieux que Pink Floyd.
Psaume 49. Vous, tous les peuples, entendez ceci ; vous, tous les habitants du monde, prêtez l’oreille ;
Fils des gens du commun, et fils des grands, le riche et le pauvre pareillement, ma bouche dira des paroles de sagesse, et la méditation de mon cœur sera pleine d’intelligence ; Je prêterai l’oreille au discours sentencieux, j’exposerai mon énigme sur la harpe. Pourquoi craindrais-je au mauvais jour, quand l’iniquité de ceux qui me talonnent m’enveloppe ? Ils se confient en leurs biens et se glorifient en l’abondance de leurs richesses… Un homme ne pourra en aucune manière racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon
Allons plus loin. Comme je l’ai déjà dit, j’avais détruit tout ce que je possédais et vidé l’appartement. Par exemple, j’avais monté ma petite télévision noir et blanc que Gervais m’avait donné aux Portes de l’enfer dans la réserve des Laurentides pendant la saison estivale. C’est à ce moment-là qu’Indira Gandhi est morte. On sait que j’avais entendu une voix qui disait qu’il y avait un complot pour tuer le premier ministre en Colombie-Britannique et qu’ils n’avaient pas voulu m’écouter à Ottawa. Comme les ondes ne se rendaient pas dans la vallée, je l’ai montée pour rien. Au retour de mon dernier voyage, à la fin de la saison, l’automne venue, je l’avais avec moi au poste de l’Étape, au restaurant l’Étape, avant qu’il ne passe au feu, en attendant l’autobus pour rentrer à Québec. Un client essaya de me l’acheter et me demanda même si je voulais lui vendre, en sortant du restaurant. Ayant déjà pris ma résolution de la mettre en morceaux, je refusai, sans même hésiter, et la ramenai à Québec. Rendu à la maison, je pris mon poinçon de corroyeur, celui qui servit aux Matricules pour couper leur hasch, et je la passai à travers l’écran, et la détruisit en morceaux.
Je sais que ce ne sont pas des prêtres, ce sont des laïques, mais ils disaient Kyrie Eleison. Ce n’est pas un homme, mais c’est celui qu’il m’avait montré à New York. Ce n’est pas de la ventriloquie. Hugues Otis, Danielle Létourneau faisaient de la ventriloquie. Sunshine ne fait pas de ventriloquie, elle est quelqu’un. Que Gabriel me parle en dedans ça ne m’a pas trop dérangé. Mais que Brizilia me parle dehors, la porte ouverte, c’était plus inquiétant. L’air sortait. D’où proviennent ces ondes sonores (d’où tu vas)? Il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Je l’aime.
Je réduisis en poudre le verre de l’objectif et le prisme de mon 35 mm Olympus, je pris des pinces, et je m’acharnai sur tout le matériel électronique jusqu’à ce qu’il ne fût plus qu’un amas de mille morceaux, en répétant que ce n’était que de l’argent de pacotille. Une chance qu’il m’est apparu, sinon j’aurais passé pour fou, tout détruire ce que j’avais.
Donc l’appartement était complètement vide. Il n’était pas vide mais j’avais tout jeté à la poubelle. Il n’y avait pas de fils, il n’y avait pas d’appareils électroniques. Il faut quelqu’un sur qui se fier pour après ça s’en servir. Il ne restait que le lit et la table de pique-nique à Gervais qu’il avait emmené d’Hauterive, rouge bourgogne comme la maison, le poêle et le frigidaire vert à Gervais, une table de cuisine à Lucie qu’elle avait coupée en deux du 2183 Chemin Ste-Foy, et deux petites chaises d’école qu’elle avait emmenées d’Hauterive. Il n’y avait ni images, ni photos, ni livres, ni journaux, ni écran, ni téléphone, ni radio, rien du tout, j’avais tout détruit et jeté à la poubelle. Cela avait l’air complètement insensé, totalement illogique. Ce n’était pas la première fois que je faisais quelque chose de complètement invraisemblable. Je l’avais fait quand je suis sorti par la fenêtre de la maison de mes parents en 1982, et je l’avais fait quand je me suis couché par terre au Parisien en 1978. Il faut se mettre dans le pétrin pour que le Seigneur veuille bien que tu le regardes, je pense que vous comprenez. Alors il vous sortira du pétrin et vous lui rendrez grâce. C’est comme blesser un éléphant pour l’apprivoiser. Après ça tu le soignes et il devient ton ami. S’il n’était pas apparu, qu’est-ce qui me serait arrivé après avoir fait ces choses complètement inimaginables? Mon père et ma mère auraient été bien découragés. Parce que je pensais souvent à eux-autres.
2 Ch. 29, 16-19. 16 Les prêtres entrèrent dans le Temple de Yahvé pour le purifier. Ils emportèrent sur le parvis du Temple de Yahvé toutes les choses impures qu’ils trouvèrent dans le sanctuaire de Yahvé, et les lévites en firent des tas qu’ils allèrent déposer à l’extérieur, dans la vallée du Cédron. 18 Ils se rendirent alors dans les appartements du roi Ézéchias et lui dirent: « Nous avons entièrement purifié le Temple de Yahvé, l’autel des holocaustes et tous ses accessoires, la table des rangées de pains et tous ses accessoires. 19 Tous les objets qu’avait rejetés le roi Achaz durant son règne impie, nous les avons réinstallés et consacrés; les voici devant l’autel de Yahvé. »
C’est là, à cette époque, en octobre ou novembre 1989 à peu près, soit un an après le tremblement de terre, alors que je restais au 211 De la Tourelle à Québec, après la saison de pêche aux Portes de l’Enfer dans la réserve des Laurentides, j’étais aide-domestique, je lavais la vaisselle, que l’ange du Seigneur m’est apparu. Au début je ne savais pas qui c’était. Ça bien pris une dizaine d’années avant que je mette un nom dessus. C’était l’ange Gabriel. C’est l’ange du Jugement Dernier. Voilà. Je me suis fait réveiller par quelqu’un qui chantait à tue-tête dans l’appartement. Je pensais que j’étais seul dans l’appartement. J’étais tout seul quand je me suis couché la veille au soir. Je ne savais pas par où il était rentré. Les portes étaient barrées. Il était tard le matin, vers 10 ou 11 heures, je récupérais car les voisins étaient très bruyants, la saison de la pêche était finie aux Portes de l’Enfer et j’étais au chômage pour l’hiver, lorsque j’entendis quelqu’un qui se mit à chanter dans l’appartement pour me réveiller. Il chantait « Yesterday » des Beatles qu’ils ont fait en 1965.
J’étais couché et je dormais. C’était le matin. En fin de compte, je lui tournais le dos. Immédiatement quand il se mit à chanter, son chant m’emplit le cœur. C’est cela que ma famille voulait me voler. Ils ne l’ont pas et en fin de compte, ils sont contents de leur sort. Cela me réveilla, parce que ça faisait du bruit, même si je n’étais pas en train de rêver, et que c’était tranquille dans l’appartement, et dans la rue par la fenêtre. Je me suis dit en me réveillant : « que j’aimerais ça avoir une belle voix de même, et chanter aussi juste. » Je l’ai d’abord écouté, puis comme on l’entendait de nos deux oreilles et qu’il m’avait réveillé, je me suis retourné pour voir qui faisait cela, et je vis un ange assis dans les marches de l’escalier dans l’entrée de l’appartement. Il avait une guitare entre les mains. Les anges ont donc une guitare. Ils jouent de la harpe, cela on le sait. Mais de la guitare. Lucifer n’a qu’à bien se tenir, lui qui a une si belle voix. Il chantait mieux que lui, c’était lui qui chantait « Yesterday » et il avait une guitare entre les mains. Une guitare, c’est une amie, c’est une sœur. Tu n’as pas besoin de savoir en jouer, elle joue toute seule. Il était brun de la tête au pied, ainsi que sa guitare, et il était en train de composer de nouvelles paroles pour « Yesterday », parce qu’il n’était pas content des vraies paroles et que c’était lui qui l’avait faite. Écoutez, j’étais né quand les Beatles ont fait « Yesterday ».
La prophétie se réalise.
On sait que j’avais prédit à l’Acropole que je pouvais faire mieux que Pink Floyd. Donc c’est moi qui ai inventé ça. En effet, même dix ans plus tard, je ne savais toujours pas qui c’était ni comment il s’appelait. Je savais juste qu’il chantait « Yesterday » mieux que Paul McCartney, un christ de bout à part de ça, et McCartney est celui qui la chante le mieux.
Il devait être dix heures du matin. Il commença par:
- Why she had to go…
J’aurais bien aimé pogner le début du show, le voir quand il a commencé à chanter derrière moi. Comme je l’ai dit, c’est ce qui me réveilla ce matin-là, quand il se mit à chanter. Parce que je dormais profondément. Sans ça, j’aurais dormi encore une bonne secousse. Il criait très fort tout en entonnant les premières syllabes de « Yesterday ». Il voulait me réveiller.
Il avait une voix incroyable, claire comme du cristal, il chantait aussi fort qu’il pouvait, devant la porte, il accentuait chaque mot, sans jamais sauter de mesures, et il chantait si juste.
Je me suis dit : « Que j’aimerais ça avoir une belle voix de même, et chanter aussi juste. » Je sentais chaque note jusque dans mon cœur. Je sais cependant que je n’ai pas manqué une seule partie au début, parce qu’il chantait assez fort pour que les voisins, comme madame Vézina, et la voisine d’en haut, entendent, et les maîtresses d’école à côté aussi, et il chantait vers moi, dans ma direction, en face de la porte d’entrée, pour que les gens dans la rue entendent.
Il accentuait bien chacune des syllabes, et je les ressentais jusque dans mon être.
- I don’t know, she wouldn’t say.
Je pensais qu’il allait arrêter là, mais il a continué. C’était tellement bien fait, et on l’entendait de nos deux oreilles tellement clairement que je me suis dit, soulagé, quand il a recommencé la deuxième partie du refrain, il recommence encore.
- I said something wrong now I long for yesterday.
Intrigué, je me suis retourné à ce moment-là, pour regarder qui faisait cela dans l’appartement, d’où provenait cette voix que j’entendais, qui c’était qui chantait de même, et je l’aperçus, assis en haut des marches dans l’entrée, de l’autre côté des barreaux de la rampe d’escalier.
Élisée dit au prophète Élie : donne-moi le double de ton esprit lorsque tu partiras. Élie dit à Élisée : C’est une chose difficile que tu me demandes. Si tu me vois pendant que je m’envole vers le ciel, cela sera. Mais si tu ne me vois pas, cela ne sera pas.
Je l’ai regardé chanter. Il était rendu au couplet.
- Yesterday, love was such an easy game to play,
Je l’entendais très bien encore, et il avait une guitare, je voyais sa guitare, lorsqu’il changea une rime, il dit en lieu de la chanson:
- Now I need to find something to say.
Et, comme s’il parlait de ce qui se passait et qu’il ne savait plus quoi dire, il se volatilisa, et il s’évanouit pour disparaître, pendant que je le regardais encore, et j’étais à nouveau seul dans l’appartement.
Résultat
Si j’avais voulu voir quelque chose, c’est bien ce que j’aurais voulu voir, voir l’archange Gabriel apparaître. Pour moi, c’est de lui qu’il parle quand il dit : « Quand les hommes le requérir. » Dieu est juste. Ils ont péché. Dieu a raison de prendre ce moyen. Pas de caméra, pas de haut-parleurs. Un témoin oculaire, apparition en public dans la rue, c’est tout. Se dira-t-il : je me suis trompé, je n’ai pas été assez clair quand Gabriel a chanté « Yesterday, » ils n’ont pas compris? C’était bien assez clair. Vais-je me dire : Ils se sont bouché les oreilles pour ne pas entendre, ils se sont fermé les yeux pour ne pas voir, comme Isaïe ? Je le dirais si je ne restais pas en appartement, c’est eux-autres qui le payent, alors je suis content. Elle est importante cette parole de Paul, c’est le malin qui nous empêche de faire confiance au monde.
Je n’aurais pas souhaité faire d’autre chose que d’avoir une aussi belle voix et chanter aussi juste pendant ce temps-là, être dans une voiture sport par exemple, ou aller au cinéma, je n’avais pas envie d’être plus riche, même si je n’arrivais pas, et d’avoir de l’argent, ou de rester ailleurs dans une grande maison, ou d’être dans un lit avec une belle fille.
Je voulais être avec l’archange Gabriel. J’en possédais une monture, c’était la monture du roi Ézéchias. Je vous parle d’un nouveau roi. Tout le monde aura la même expérience que moi du Christ. Comme je le connais, il n’est pas sûr que je le revoie dans l’au-delà, pensez-y, mais que je sois témoin de sa vision sur terre restera pour tous les autres, les bons comme les méchants. Vous êtes bien anxieux de connaître ce qui adviendra après. Dark Vador et l’Étoile Noire brouillent les communications, comme il est dit dans les Lamentations : quand même je prie, il arrête ma prière d’un nuage. Ne sous-estimez pas l’importance de la vision que j’ai eu, ne me faites pas revenir tout le temps au bas de l’échelle, comme dans le jeu des serpents et des échelles, pendant que vous êtes rendus au ciel, c’est humiliant.
Le fait est qu’en plus d’avoir fait un miracle, il avait trouvé le moyen de l’expliquer, d’expliquer ce qui s’était passé, il m’avait réveillé, je dormais, c’était le matin. Car la chose n’est pas aisée à expliquer, naturellement. C’est lui qui m’avait réveillé en se mettant à chanter, et non pas moi qui rêvais qu’il chantait.
J’ai pu réaliser combien de temps il avait chanté. On pouvait chronométrer la durée de la performance en écoutant le disque. Il avait interprété exactement trente-deux secondes de « Yesterday, » à la perfection. On a quand même le temps de se réveiller comme il faut en trente secondes, chronométrez-le sur votre montre et vous verrez bien. Je n’ai pu m’empêcher de remarquer la rime qu’il avait changée à la fin, parce qu’elle était plus belle que l’originale, et qu’elle donnait un nouveau sens à la chanson, avec plus de profondeur: « Now I need to find something to say », Je dois maintenant trouver ce qu’il y a à dire. L’originale est : Now I need a place to hide away, il me faudrait maintenant un endroit où me retirer à l’écart. Il cherchait ce qu’il fallait lui dire pour la retenir maintenant qu’il s’était trompé en lui parlant et qu’il l’avait déjà égarée, et il n’y avait rien à dire. Il chantait pour Marie. Ça, c’est pour la chanson. Mais dans la réalité, il n’y avait plus rien à dire dans la situation où l’on se trouvait, et il ne savait plus quoi dire dans la situation où moi je me trouvais, et il disparut.
Actes 12, 11 Alors je me suis dit comme Pierre, revenant à lui, qui dit: « Maintenant je sais réellement que le Seigneur a envoyé son ange et m’a arraché aux mains du docteur Johnson, et à tout ce qu’attendaient les gens de Québec, et de son personnel infirmier de Saint-Michel Archange. »


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